Dossier de presse 2026 FIPHFP
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Vingt ans après la loi du 11 février 2005, la Fonction publique franchit pour la première fois le seuil légal de 6 % d'emploi de personnes en situation de handicap. Avec un taux d'emploi direct de 6,36 % en 2025, les résultats publiés par le FIPHFP témoignent de progrès réels. Pour la CFDT, cette avancée doit cependant être consolidée par des politiques ambitieuses réellement inclusives en faveur de l'accessibilité, du maintien dans l'emploi et de l'accompagnement des handicaps invisibles.
Le bilan 2025 du Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP) marque une étape symbolique : le taux d'emploi direct des personnes en situation de handicap atteint désormais 6,36 %, dépassant pour la première fois le seuil de référence fixé par la loi. Cette progression est le résultat d'une dynamique engagée depuis près de vingt ans puisque ce taux n'était que de 3,55 % en 2006.
Cette évolution concerne l'ensemble des versants de la Fonction publique, avec des résultats particulièrement élevés dans la territoriale (7,68 %) et l'hospitalière (6,26 %), tandis que la Fonction publique de l'État poursuit sa progression à 5,28 %.
Le nombre de bénéficiaires de l'obligation d'emploi augmente également fortement pour atteindre 306 910 agents recensés en 2025. Dans le même temps, plus de 41 000 recrutements de personnes en situation de handicap ont été réalisés ainsi que près de 8700 maintiens dans l’emploi.
Si ces résultats sont encourageants, ils ne doivent pas conduire à considérer l'objectif atteint. Le FIPHFP rappelle que les personnes en situation de handicap restent davantage exposées au chômage et aux ruptures de parcours professionnels. Vingt ans après la loi de 2005, les inégalités demeurent importantes en matière d'accès à l'emploi, d'évolution professionnelle et de sécurisation des carrières.
Pour la CFDT, le dépassement du seuil des 6 % doit être considéré comme un point d'appui et non comme un aboutissement. L'enjeu est désormais de garantir une inclusion réelle dans tous les services publics, quels que soient les métiers, les catégories d'emploi ou les territoires. L'enjeu est désormais de garantir à chaque agent en situation de handicap un parcours professionnel durable, avec un accès effectif à l'emploi, à la formation, à l'évolution de carrière et au maintien dans l'emploi.
Le vieillissement des effectifs et le recul de l'âge de départ à la retraite rendent la question du maintien dans l'emploi plus cruciale que jamais. Les situations d'usure professionnelle, les maladies chroniques, les troubles psychiques ou les handicaps devenus invisibles au cours de la vie professionnelle nécessitent des réponses adaptées.
Le FIPHFP met en avant la nécessité de mieux anticiper les risques de désinsertion professionnelle, d'adapter les postes de travail et d'accompagner les transitions professionnelles. Ces orientations rejoignent les revendications portées de longue date par la CFDT pour une politique de prévention plus ambitieuse et pour une meilleure prise en compte de la santé au travail dans la Fonction publique.
Le développement du réseau des référents handicap constitue l'un des leviers majeurs des progrès constatés. Le renouvellement du partenariat avec l'EHESP afin de renforcer leur formation, ainsi que le déploiement de nouvelles ressources territoriales, vont dans le bon sens.
La CFDT rappelle toutefois que ces acteurs doivent disposer du temps, des moyens et de la reconnaissance nécessaires pour exercer pleinement leurs missions. L'inclusion ne peut reposer sur quelques personnes engagées ; elle doit être portée par l'ensemble de la chaîne managériale et intégrée aux politiques de ressources humaines.
L'Ambition 2030 du FIPHFP vise à faire de l'inclusion un réflexe managérial et organisationnel, en s'appuyant notamment sur l'accessibilité universelle, la qualité de vie au travail et la prévention des ruptures de parcours professionnels.
Pour la CFDT, cette ambition doit s'accompagner d'un dialogue social renforcé et de moyens à la hauteur des enjeux. L'accès à l'emploi est essentiel, mais il doit s'accompagner de parcours professionnels sécurisés, de formations accessibles, d'une véritable politique de reclassement et d'une meilleure prise en compte des handicaps psychiques, cognitifs et des maladies chroniques.
Vingt ans après la loi de 2005, les progrès sont réels. La prochaine étape consiste désormais à transformer durablement les organisations du travail afin que chaque agent, quel que soit son handicap, puisse exercer son métier, progresser dans sa carrière et travailler dans des conditions respectueuses de sa santé et de sa dignité.