Accord Intelligence Artificielle : Pourquoi la CFDT a choisi de signer

  • Articles

L'accord sur le déploiement de l'Intelligence Artificielle (IA) dans la Fonction publique est une étape majeure. En décidant de le signer, la CFDT prouve l'efficacité d'un syndicalisme constructif : face au défi technologique, nous avons obtenu un cadre protecteur inédit pour les agents.

Face à une évolution aussi profonde que l'IA, le débat central est de savoir comment nos métiers vont se transformer : "que ferons-nous demain et dans quelles conditions ?". La CFDT préfère négocier des droits réels, ancrés dans le terrain, plutôt que de s'enfermer dans une posture déconnectée de la réalité du travail.

Cette approche s'est traduite par des acquis immédiats, à commencer par la fin de l'opacité. Nous avons en effet obtenu la création d'un registre obligatoire recensant tous les systèmes d'IA publics, systématiquement couplé à des études d'impact. L'administration devra rendre des comptes. C'est une garantie solide, qui n'existe même pas encore dans le secteur privé.

Ce cadre protecteur passe également par un engagement majeur contre l'intensification du travail. Nous avons fait écrire noir sur blanc que l'IA ne doit en aucun cas se traduire par des cadences accélérées. Ce n'est pas un outil de pression, mais bien le contraire : un moyen d'alléger la charge, de redonner du sens et de l'autonomie aux agents.

Parce que l'humain doit rester la priorité, nous avons aussi remis en cause l'évaluation des outils numériques par le prisme purement budgétaire et comptable. Nous avons exigé et obtenu que cette évaluation soit multidimensionnelle, en intégrant notamment des critères cruciaux comme l'impact environnemental. Mieux encore : nous avons fait inscrire dès le préambule de l'accord que les gains dégagés doivent être prioritairement réinvestis dans l'amélioration des conditions de travail et dans la qualité du service public, particulièrement pour renforcer le contact humain avec les usagers.

Enfin, notre boussole reste la protection des parcours professionnels. Le risque majeur serait que la fonction publique décroche technologiquement ou que nos métiers perdent de leur sens. Si l'IA automatise les tâches les plus répétitives, nous devons accompagner l'agent, le former et valoriser ses compétences vers des missions plus riches. Nous voulons une technologie qui rende nos métiers plus attractifs, pas une IA qui transforme nos collègues en simples validateurs d'algorithmes.

Communiqué de presse

CP n°4 du 12 octobre 2026

  • CP n°4 du 12 octobre 2026

    PDF — 98Ko

Ces articles peuvent également vous intéresser

  • Santé et sécurité au travail

    Nouveau plan Santé au Travail : la CFDT favorable, exigeante et déterminée

    Lire l'article
  • QVCT

    Baromètre Travail 2026 : analyse sectorielle et socioprofessionnelle approfondie

    Lire l'article