Index Éga-pro dans la fonction publique : une publication élargie, des résultats “stables”
La DGAFP a publié, le 29 décembre 2025, les index de l’égalité professionnelle au titre de l’année 2024 : ministères, établissements publics administratifs, grandes collectivités et, pour la première fois, plus de 600 établissements de santé et médico-sociaux. Créé par la loi du 19 juillet 2023, cet index constitue un outil de mesure utile, mais encore perfectible.
L’index de l’égalité professionnelle femmes-hommes dans la fonction publique a été créé par la loi du 19 juillet 2023 visant à renforcer l’accès des femmes aux responsabilités. Sa mise en œuvre s’est faite par étapes : d’abord dans la fonction publique de l’État (ministères et établissements publics de l’État), puis avec l’extension au versant territorial. Avec la publication du 29 décembre 2025 (données 2024), la DGAFP franchit une nouvelle étape en publiant pour la première fois les résultats du versant hospitalier, via 600 établissements publics de santé et médico-sociaux : aux côtés des ministères, d’une centaine d’EPA, de 600 grandes collectivité.
Nous observons des résultats plutôt stables d’une année sur l’autre, avec des évolutions contrastées selon les indicateurs et les employeurs. Comme en 2024, tous les ministères dépassent 75/100, évitant ainsi la sanction financière. En revanche, aucune analyse globale consolidée n’est fournie à ce stade pour la territoriale et l’hospitalière.
Pour les fédérations CFDT Fonctions publiques, l’index est un outil de mesure — pas une politique d’égalité en soi. Une note “correcte” ne doit pas masquer des inégalités persistantes.
Transposition de la directive européenne : un tournant à ne pas rater
L’index, dans sa version actuelle, est déjà rattrapé par l’actualité européenne : la France doit transposer, d’ici le 7 juin 2026, la directive (UE) 2023/970 sur la transparence salariale, qui imposera un nouveau cadre et viendra, de fait, supplanter l’index existant en instaurant son propre “index” de mesure et de correction des écarts.
Pour la CFDT Fonctions publiques, cette transposition ne doit pas devenir un prétexte pour faire moins :
pas de recul des exigences existantes ;
pas de “simplification” qui ferait disparaître des indicateurs pertinents déjà en place, même s’ils ne figurent pas explicitement dans la directive.
La CFDT défend un index public ambitieux et utile, qui permette de repérer clairement les écarts et d’agir. Elle se félicite d’une avancée importante introduite par la directive : dès qu’un écart salarial dépasse 5 %, l’employeur devra corriger dans un délai maximal de 6 mois.
Une exigence centrale : l’homogénéité entre les trois versants
Les employeurs publics se mobilisent, mais de façon très inégale selon les versants. Or, un index n’a de sens que s’il permet de comparer et de suivre : cela suppose des règles homogènes et le même niveau d’exigence sur les trois versants.
Aujourd’hui, les différences de seuils et d’obligations, notamment entre territorial et hospitalier, créent des distorsions injustifiées. L’objectif doit être clair : converger vers un cadre commun, avec un nombre d’indicateurs et des exigences comparables pour les trois versants.