Le jour de carence, une fausse bonne idée !

Publié le 15/11/2017 à 15H54
La DILA, direction de l’information légale et administrative relevant des services du Premier ministre, publie sur son site « Vie Publique » l’enquête de l’Insee sur l’impact du jour de carence dans la Fonction publique mis en œuvre en 2012 et 2013.

L’Insee constate que le jour de carence n’a pas modifié la part d’agents absents pour des raisons de santé. Durant ces deux années, il a été enregistré une forte baisse des arrêts maladie de deux jours chez les fonctionnaires de l’État. Pour éviter une retenue sur salaire, les agents ont pu préférer prendre un jour de congé.

En revanche, les arrêts maladie d’une durée d’une semaine à trois mois ont augmenté. L’Insee évalue cette hausse à 25 % sous l’effet du jour de carence. Trois mécanismes pourraient l’expliquer :

  • l’agent a intérêt à attendre d’être sûr de sa guérison pour retourner au travail et éviter une rechute et par ricochet une nouvelle retenue sur son salaire ;
  • l’agent peut hésiter à s’arrêter pour se soigner et son état de santé pourrait se dégrader et conduirait à un arrêt maladie plus long ;
  • le sentiment d’être mis à contribution pourrait conduire à prolonger un peu l’arrêt maladie.

La CFDT qui avait dénoncé l’instauration en 2012 du jour de carence et obtenu son abrogation pour 2014 maintient ses positions : ce système culpabilisant est injuste et inefficace (voir le communiqué de presse de la CFDT Fonctions publiques du 10 décembre 2013). L’enquête de l’Insee ne dit pas autre chose…

Retrouvez l'enquête de l'Insee : « Le jour de carence dans la fonction publique de l’État : moins d’absences courtes, plus d’absences longues ».

L’article de la DILA : « Fonction publique : l’impact du jour de carence sur les absences »