Proposition de supprimer le statut de fonctionnaire : "Tout le monde en ferait les frais"

Publié le 24/11/2016

France Info - 13 octobre 2016

Lors du débat de la primaire de la droite, les candidats ont proposé de réduire le nombre de fonctionnaires et même de supprimer le statut de la fonction publique.  Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT fonctions publiques a réagi à cette idée sur franceinfo.

Pour Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT fonctions publiques interrogée vendredi 14 octobre sur franceinfo, si le statut est supprimé, "tout le monde en ferait les frais, à commencer par les agents que nous représentons, mais aussi les citoyens que nous sommes."

franceinfo : Les sept candidats à la primaire de droite proposent de réduire le nombre de fonctionnaires. Qu'est-ce-que cela vous inspire ? 

Mylène Jacquot :  Ces propositions, nous les prenons pour ce qu'elles sont : il convient de rappeler que nous sommes dans un contexte particulier, celui des primaires. Chacun des camps se jauge en interne. Nous attendrons la fin des primaires pour nous exprimer sur les propositions.

Quand Nathalie Kosciusko-Morizet propose de supprimer le statut de fonctionnaire pour une partie d'entre eux, que lui répondez-vous ?

Focaliser le discours sur le statut, c'est passer à côté du sujet qui est à nos yeux essentiel, c'est-à-dire celui des politiques publiques. Penser qu'en supprimant le statut, on ferait je ne sais combien de millions ou de milliards d'économies, c'est complètement erroné. Il faut bien prendre les choses dans le bon ordre, et s'interroger d'abord sur les politiques publiques que l'on souhaite mener et les moyens que l'on se donne pour remplir ces politiques publiques. Le statut, tout le monde l'oublie, mais il est quand même évolutif, consensuel et utile. La preuve, avec ce seul chiffre : 32 lois l'ont déjà modifié depuis 1983.

Donc on ne le supprime pas, ce statut de fonctionnaires ?

Non, nous ne souhaitons clairement pas la suppression du statut. Tout le monde en ferait les frais, à commencer par les agents que nous représentons, mais aussi les citoyens que nous sommes et les employeurs publics.