Le gouvernement fait un geste envers les fonctionnaires, quitte à s'exposer aux critiques

Publié le 22/02/2013
AFP - 21 février 2013

En décidant d'abroger la journée de carence pour les fonctionnaires, le gouvernement a choisi de faire un geste envers les 5,2 millions d'agents, dont les augmentations de salaires sont gelées depuis 2010, quitte à s'exposer aux critiques. La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a annoncé mercredi soir que le gouvernement proposerait la suppression de cette journée non indemnisée en cas d'arrêt maladie dans le prochain budget car, dit-elle, c'est une mesure « injuste, inutile, inefficace et humiliante ». Selon la ministre, l'impact budgétaire du jour de carence, imposé pour la première fois aux agents du public par le gouvernement Fillon, est en outre « très limité, de l'ordre de 60 millions d'euros pour l'État », là où quelque 200 millions étaient attendus.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a souligné que ce coût représente « moins de 0,1% de la masse salariale », ajoutant que la mesure avait peu réduit le nombre de congés maladie. Elle a en outre relevé que contrairement à certains salariés du privé - les deux-tiers, selon le gouvernement -, les fonctionnaires ne voyaient pas la mesure compensée par leur employeur.

Les syndicats de fonctionnaires, qui dénonçaient unanimement cette journée depuis son entrée en vigueur début 2012, ont salué la décision du gouvernement. Mais ils ont aussitôt souligné que ce serait insuffisant pour contenter ce corps électoral qui a voté massivement pour François Hollande. Les syndicats, qui doivent se réunir dans la soirée, réclament notamment une revalorisation du point d'indice, qui sert de base au calcul des salaires, et dont le gouvernement a annoncé le maintien du gel pour 2013. […] Pour la CFDT, Brigitte Jumel a dit de son côté accueillir avec satisfaction l'abrogation de cette « mesure qui culpabilisait les agents et était stigmatisante ». […]

Mme Lebranchu a relevé pour sa part que « les effets sur l'absentéisme ne sont pas démontrés ».

  Elle a toutefois dit ne pas nier « qu'il peut y avoir, comme dans le privé, des arrêts abusifs contre lesquels il faut lutter », promettant de « renforcer le contrôle des arrêts de courte durée et des arrêts répétitifs » chez les fonctionnaires.